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Amélioration de la conjoncture économique agricole

28 avril 2012 T.Michel

Le printemps a pris un peu d’avance en matière d’économie dans le secteur agricole. Explications et tendances.

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La dernière édition du baromètre de conjoncture agricole FNSEA-IFOP(1) confirme « l’accalmie économique agricole et affiche un moral virant vers l’optimisme ». En effet, 53 % des chefs d’exploitation jugent leur situation économique comme étant acceptable, les autres agriculteurs se répartissant équitablement entre les réponses « bonnes » et « mauvaises ». Jusqu’alors, ceux qui déclaraient une situation économique « bonne » étaient relativement rares. Seule ombre au tableau : plus d’un tiers des arboriculteurs et horticulteurs déclarent toujours des situations économiques « mauvaises ou très mauvaises ».

L’hiver a fait l’objet de difficultés assez ou très importantes pour moins d’un exploitant sur trois (32 %) : c’est le taux le plus bas depuis la création de ce baromètre en 2008. Le moral des exploitants est en constante progression : 48 % des exploitants interrogés se disent optimistes sur leur propre activité. Et, chose plutôt agréable à constater, les chefs d’exploitation sont plutôt « plus optimistes sur le climat général des affaires en France », contrairement à leurs homologues des autres secteurs économiques (industrie et services) qui, eux, sont au mieux moroses, voire négatifs.

Cette amélioration des dernières semaines poursuit un mouvement entamé depuis la fin de l’année 2010.

Conséquence de cette meilleure situation économique : les recrutements de cet hiver et les intentions pour le printemps sont excellents, en particulier sur l’emploi en contrat à durée indéterminée (CDI). L’étude FNSEA – IFOP de ce printemps révèle que 12 % des quelque 500 000 exploitants agricoles ont procédé à au moins une embauche (CDI ou CDD) de salarié cet hiver. Chose encore plus positive et marque d’une vraie amélioration de la confiance : le taux des exploitants ayant embauché en CDI atteint 3 % pour l’hiver qui s’achève. D’ordinaire, ce taux atteint souvent les 1 % et rarement les 2 %. Une performance donc ! Encore plus particulièrement intéressantes sont les intentions, donc l’avenir, en matière d’emploi et d’embauche. Le schéma hivernal se reproduit pour les trois mois à venir et on retrouve un taux de 3 % d’exploitants qui ont l’intention d’embaucher un salarié en CDI. Dans certaines filières (vigne, porc, volaille), ce taux atteint 6-7 %. À signaler que l’exigence d’un diplôme agricole va en s’accroissant dans le secteur, surtout pour ce qui concerne les CDI. Elle atteint 60 % des intentions pour ce type d’embauche.

Une hirondelle ne fait pas le printemps

Qu’on se comprenne bien cependant : cette amélioration, certes réelle et notable, ne change pas les problèmes de fond posés aux professionnels du secteur. D’abord, des « marges de progression » existent réellement selon les exploitants interrogés dans l’étude de conjoncture pour améliorer la performance des exploitations et donc créer plus d’emplois. À la question « quels types de difficultés avez-vous rencontrer ? », les exploitants sont 62 % à citer le poids des charges d’exploitation comme premier facteur de difficulté. Vient ensuite la réglementation environnementale et sanitaire devant le coût du travail. La concurrence étrangère est également citée dans les filières comme le maraîchage, l’arboriculture et l’horticulture.

Mais surtout, « en 2011, la réduction du nombre d’exploitations (- 1,9 %) et d’exploitants (- 1,4 %) agricoles se poursuit » selon les dernières données de la Caisse centrale de la mutualité sociale et agricole (CCMSA) d’avril 2012. De 2003 à 2011, 18 % d’exploitations agricoles ont disparu toutes filières de production confondues. Des secteurs comme le maraîchage horticulture (- 30 %), les bovins mixte (- 27 %) et les bovins lait (- 25 %) ont été plus particulièrement touchés. Sur cette période, seule la filière élevage de chevaux progresse alors que celle des pépinières résiste bien (- 40 %). Même si 2 011 confirme le ralentissement de l’érosion du nombre d’exploitations, la tendance structurelle à la baisse est bien là. Idem pour l’aspect démographique : en dix ans, le nombre de chefs d’exploitation a diminué de 100 000 selon les chiffres CCMSA, avec le même phénomène de ralentissement de ce vieillissement.

(1) Réalisé du 8 au 12 mars 2012 auprès de 1 505 exploitants agricoles.
 

 

 
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