Accouvage
« L´accouvage familial a encore de l´avenir » affirme Jean-Claude Amice, président des accouveurs
Jean-Claude Amice vient de prendre la tête du Syndicat national des accouveurs (SNA). PDG du groupe familial d´accouvage Amice-Soquet, il entend défendre les intérêts de ce maillon, en prise directe avec la réalité du terrain qu´il pratique chaque jour.
28 septembre 2006 Propos recueillis par Pascal Le Douarin Vu 2090 fois
Le changement de président du SNA signifie-t-il un changement de fonctionnement et de politique ?
Jean-Claude Amice - « Mon élection ne signifie pas la révolution. Je suis pour la transparence et la franchise, avec chacun à sa place pour défendre fermement son rôle. Je vais poursuivre les bonnes relations établies par mes prédécesseurs - Jean Perret et feu André Cuisset - avec les autres maillons de la filière avicole, le syndicalisme (CFA, FNSEA), les pouvoirs publics. J´ai l´intention de déléguer, notamment aux membres du bureau et aux présidents de commissions, des représentations du SNA dans les instances professionnelles.
Sans salarié à sa charge directe, le SNA a néanmoins un bureau qui a été transféré de Lyon à Rennes, à la Chambre régionale de l´agriculture. Le secrétariat est assuré en partie avec l´Itavi (désormais Catherine Segré) en relation avec Odile Vilbou (du groupe Amice Soquet). Les actions juridiques et techniques, contractualisées avec la CFA et l´Itavi, sont poursuivies, ainsi que le travail de conseil sanitaire mené bénévolement par le docteur vétérinaire Eugène Goater, en relation avec ses confrères impliqués dans la sélection et l´accouvage. Enfin il me semble, comme à d´autres membres du syndicat, qu´il faudra réfléchir au recrutement d´un délégué général permanent afin de donner plus de poids au SNA. »
Que pensez-vous du projet d´interprofession avicole générale ?
J.-C. A. - « Le SNA souhaite une interprofession dans laquelle l´accouvage soit reconnu comme un collège à part entière. Notre participation prévue est de 17 %, alors que le poussin pèse 5 % du coût de revient du produit final. Le SNA veut bien participer, mais à un moindre niveau. Il a aussi toujours refusé d´être le percepteur de taxes auprès des aviculteurs. Indicateurs des volumes oui, percepteurs des taxes non. Pourquoi ne pas retenir ce qui fonctionne déjà bien dans d´autres interprofessions (Cidef, CIP, CNPO) ? »
Vous faites partie des plus anciens accouveurs français. Comment voyez-vous évoluer ce métier ?
J.-C. A. - « Le métier de l´accouvage est désormais unanimement reconnu pour son sérieux, son haut niveau sanitaire et sa complexité technique. Accouveur depuis plus de 40 ans, J´ai connu l´accouvage familial, puis le développement à la fin des années 70 des couvoirs intégrés par les abattoirs ou des coopératives, surtout dans le poulet de chair et la dinde. Désormais, la tendance s´inverse. Les groupes d´abattage se désengagent pour investir à l´aval. J´observe le retour d´un accouvage et d´une sélection détenus et dirigés par des entreprises familiales qui ne sont pas des « mercenaires du capital ». Comme dit le dicton : « A chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». Accouveur indépendant, je me réjouis du maintien des structures familiales, fussent-elles de taille importantes. Nous connaîtrons sans doute d´intenses mouvements ces prochaines années. Je crois en des alliances entre différents opérateurs des maillons de la filière. »
L´accouvage est en 1ère ligne pour régler les multiples dossiers sanitaires actuels. Où en est-on ?
J.-C. A. - « Comme dit Eugène Goater, les présidents changent mais les problèmes sanitaires restent ! Le SNA joue un rôle d´animateur sanitaire dans la filière, aussi bien aux plans transversal que vertical. Nous avons hélas de nombreux fers au feu, à commencer par le déblocage des échanges internationaux en relation avec le statut indemne en matière d´Influenza et de Newcastle. C´est par la démarche de zonage et de compartimentation que la France a une chance de sortir d´un éventuel embargo. Celle-ci est engagée au niveau de la sélection Gallus avec le projet de l´étendre à la multiplication de toutes les espèces. Le SNA joue un rôle majeur avec les autorités françaises, mais c´est aussi à nos adhérents d´agir sur leurs clients étrangers pour qu´ils incitent leurs propres autorités à reconnaître le système français.
Au 1er janvier 2007, le programme de suivi et de contrôle des salmonelles est étendu à cinq salmonelles au lieu de deux. Quel programme de contrôle des cheptels et des couvoirs ? quelle périodicité ? Où prélever ? Cela reste à finaliser avec la DGAL.
Avec l´administration, nous travaillons aussi sur une charte sanitaire officielle qui s´appliquera aux couvoirs et aux reproducteurs. Elle officialisera la charte interne au SNA déjà reconnue par les clients. Nous rédigeons aussi un guide de bonnes pratiques de l´accouvage à la demande des pouvoirs publics.
D´autres dossiers plus spécifiques et réalisés en partenariat sont en cours (alternatives au formol, co-compostage des déchets de couvoirs, équarrissage). Enfin nous discutons, en collaboration avec le syndicat des vétérinaires conseils, sur la reconnaissance des techniciens d´élevage comme collaborateurs sanitaires. »
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