Station expérimentale de Coulaures
La Ferme de l´oie au service des producteurs
Créée en 1992 à la demande de la profession, la Ferme de l´oie expérimente de nouvelles pistes d´amélioration techniques pour l´élevage et le gavage des oies.
27 juillet 2004 Armelle Puybasset Vu 2415 fois 1 réactions
«Augmenter la rentabilité de la production française de foie gras d´oie, proposer des voies d´amélioration techniques, diminuer la pénibilité du travail du gaveur ». Telles sont les missions de la station expérimentale « La Ferme de l´oie », implantée à Coulaures en Dordogne, au coeur du bassin de production traditionnel.
Elle a été créée en 1992 par l´association des éleveurs de Dordogne (Asseldor) suite à la crise de 1989. La concurrence déjà bien présente de la filière canard et les importations massives de foie gras d´oie (majoritairement hongroises) avaient entraîné beaucoup d´invendus.
« La Ferme de l´oie est une station de recherche appliquée », précise Jean-Pierre Dubois, son directeur. « Elle se présente comme une structure de vulgarisation et de démonstration pour les éleveurs. L´objectif est de trouver des pistes d´amélioration techniques rapidement exploitables sur le terrain ». C´est chose faite puisque, depuis sa création, la Ferme de l´oie a mis en place plus d´une cinquantaine d´essais abordant des thèmes aussi variés que la croissance, la préparation au gavage, la qualité des produits, la génétique, le bien-être, l´environnement ou la reproduction.
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| ©A.P. |
La Ferme de l´oie est implantée dans le Périgord au coeur du bassin de production traditionnel.
Des conditions d´élevage proches du terrain
Pour mener ses expérimentations, la station dispose de plusieurs bâtiments, conçus dans des conditions les plus proches possibles de la réalité. Deux bâtiments tunnel accueillent chacun 1 200 oies. Ils permettent de tester les paramètres d´élevage (comme l´effet de la durée d´éclairement sur les reproductrices, actuellement étudié).
A quelques centaines de mètres, un troisième bâtiment en dur a été construit avec un accès à un parcours extérieur. Il est séparé en quatre parquets de 250 places. Des essais génétiques y sont actuellement réalisés. « Lorsque ces trois bâtiments ne sont pas destinés à des expérimentations, précise Jean-Pierre Dubois, ils sont utilisés pour la production de reproductrices ou d´oies PAG, lesquelles sont ensuite vendues à des éleveurs ».
Un second bâtiment en dur, composé de 12 parcs de 25 oies, est exclusivement consacré à l´expérimentation (dans tous les domaines, excepté celui de la génétique). La Ferme de l´oie y mène actuellement des essais d´alimentation de PAG (différentes sources protéiques) pour répondre à la demande des producteurs qui souhaitent fabriquer eux-mêmes leur aliment. La station est également équipée d´une salle de gavage de 300 places, d´un petit abattoir et d´une salle de découpe.
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| ©A.P. |
Les oies, PAG ou futures reproductrices sont élevées dans des conditions proches du terrain
Des expérimentations touchant à tous les domaines
Depuis douze ans, la Ferme de l´oie a permis de nombreuses avancées. Ses premiers travaux ont porté sur les techniques de gavage (mise au point d´une courbe de gavage, mélange de maïs grain et de mais broyé avec la gaveuse hydraulique Dussau).
Beaucoup d´essais ont porté également sur l´élevage avec notamment l´importance de la gestion de l´ambiance sur les oisons ou encore les méthodes de rationnement pour préparer les PAG au gavage. Elle s´est attachée dans une deuxième phase à améliorer la qualité du foie (effet du jeun, influence de l´électronarcose sur la présentation des produits, maturation du foie...).
Les essais en cours ou à venir sont tous aussi nombreux que variés. Dans le domaine de la génétique, elle mène des essais comparatifs entre souches. Elle tente de répondre à une problématique bien connue en canard : quel choix faire entre une souche lourde et une souche légère, sachant que la demande des transformateurs porte plutôt sur des petits foies obtenus à partir de souches légères tandis que les producteurs privilégient parfois les souches lourdes pour leur plus forte rentabilité ? « Qu´elle soit lourde ou légère, répond Jean-Pierre Dubois, la souche doit être exploitée à son potentiel génétique ».
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| ©A.P. |
Le bâtiment expérimental, divisé en douze parcs, permet de mener des essais « aliment »
Pour répondre à la demande de producteurs traditionnels, la station expérimentale teste des souches lourdes (du type Toulouse). Du côté environnemental, elle mène des essais de compostage à partir du fumier d´oie et travaille sur l´aménagement de l´espace (installation d´arbres fruitiers sur les parcours). L´amélioration de la qualité des foies reste également une priorité (poursuite des essais sur l´électronarcose, effet de la durée du gavage sur les caractéristiques qualitatives du foie, incidence du transport à l´abattoir...). Bref, les sujets ne manquent pas. « Le planning des expérimentations est complet jusqu´à la fin de l´année 2006. »
Vos réactions
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article trés interressant, mais comment dois-je faire pour avoir la courbe de gavage? merci de me repondre cordialement
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