Il quitte la banque et investit dans le canard de Barbarie
Le coût d’investissement total du canardier de 1 015 m2 s’élève à près de 300000 euros. - © A. Puybasset
Âgé de 38 ans, Christian Oger vient de s’installer comme jeune agriculteur à Vignoc, au nord de Rennes. Il s’est associé en EARL avec Karine Pinel, également JA, et sa mère,Monique, pour exploiter un atelier laitier de près de 500000 litres, une centaine d’hectares de SAU et un bâtiment canard de chair de 1015 m2 tout récemment construit. De formation agricole, Christian Oger a travaillé dix-huit ans à l’extérieur avant de réaliser son projet d’installation. Il a notamment été chargé de clientèle agricole puis professionnelle dans une banque vendéenne. « Je souhaitais m’installer dans ma région d’origine et en association, pour maintenir un bon équilibre entre travail et vie de famille, explique-til. Karine étant également jeune agricultrice, il a fallu ajouter un nouvel atelier à l’exploitation. De par mon ancien métier, je connaissais la rentabilité des élevages avicoles. L’élevage de canards permet de dégager un bon revenu, même si les investissements sont importants. Par ailleurs, l’activité volaille est très complémentaire de l’atelier lait en termes d’organisation du travail. »

Équipements intérieurs. Pour délimiter les zones de démarrage, l’éleveur a confectionné des barrières avec du caillebotis découpé (au premier plan). - © A. Puybasset
ÊTRE DANS LE PREMIER TIERS
Le bâtiment neuf a reçu son premier lot au printemps dernier. « Il sera essentiellement destiné à l’élevage de Barbarie, mais nous intercalerons de temps en temps un lot de Pékin pour casser le microbisme et maintenir une souplesse de rotation », indique Jean-Michel Griveau, responsable production avicole de la Cam 53. Le coût d’investissement total s’élève à 292 065 euros soit 287 euros le m2 dont 93 000 euros pour le terrassement et la maçonnerie et82 000 euros pour la coque (voir ci-dessous). Selon les résultats prévisionnels, la marge caneton aliment est de 75,50 euros/m2/an et le revenu net après MSA de 11,92 euros/m2/an. « Ces estimations sont faites à partir des résultats technico-économiques de l’ensemble de nos éleveurs de canards en 2009, précise Jean-Michel Griveau. Pour réussir, un producteur de Barbarie a deux challenges : être parmi le premier tiers des éleveurs et maîtriser au mieux les charges variables. La rentabilité dépend aussi de la capacité de l’élevage à valoriser les déjections sur l’exploitation. » C’est le cas ici avec un plan d’épandage de 45 hectares calé sur le phosphore (80 unités/ha). Christian Oger a bénéficié par sa coopérative d’une subvention d’aide au développement d’un atelier avicole de 15 euros/m2 ainsi qu’une aide à l’installation JA de 2100 euros. L’activité canard correspond à 0,5 UTH. « La première semaine de démarrage est cruciale et demande beaucoup de temps de présence. Après il s’agit surtout de surveillance avec une heure et demie à deux heures au quotidien. »
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