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Dans les Côtes d'Armor

Didier Carfantan a fait le pari de mettre ses oeufs dans un autre panier

Dans la perspective de 2012, l'éleveur a investi dans deux volières afin de parer à un éventuel refus des GMS françaises d'acheter des oeufs en cage. Un choix stratégique.

08 janvier 2010 Hervé Dumuis Vu 3563 fois 1 réactions
La volière, comme ici chez Didier Carfantan, pourrait s’avérer un choix stratégique si les GMS françaises décidaient de refuser les oeufs de cages, comme l’ont fait récemment leurs homologues allemandes, hollandaises et belges.

La volière, comme ici chez Didier Carfantan, pourrait s’avérer un choix stratégique si les GMS françaises décidaient de refuser les oeufs de cages, comme l’ont fait récemment leurs homologues allemandes, hollandaises et belges. - © P. Le Douarin

«Le marché de l’oeuf résiste bien, l’Allemagne a vu sa production chuter et le consommateur associe de plus en plus qualité et bien-être. Autant de critères qui m’ont poussé à m’orienter vers la volière dans ce projet de reprise d’élevage », a expliqué Didier Carfantan, producteurs d’oeufs à Hénansal dans les Côtes-d’Armor, lors de l’inauguration récente de l’un de ses deux bâtiments de 60 000 pondeuses. Au maximum, une dizaine d’éleveurs en France ont pour l’instant investi dans un système de production d’oeufs en volière. Didier Carfantan est également le seul indépendant et le seul breton à avoir franchi le pas. Hormis la raison filiale — « Mon père avait été le premier à s’équiper d’un poulailler avec des cages il y a trente ans. Cela m’avait impressionné. Depuis lors, je suis féru d’évolution technologique et je n’ai eu cesse d’évoluer » — il y a aussi une vision stratégique d’un homme qui a vu dans ce choix « une opportunité de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ».

19 %D’OEUFS ALTERNATIFS EN FRANCE

Selon l’Itavi, dans un marché de l’oeuf dynamique où les volumes d’achat ont augmenté de 5 % en moyenne mobile sur 2009, 19 % des effectifs de pondeuses en France sont déjà issus de la production alternative, et assurent désormais 44 % du chiffre d’affaires en oeufs des GMS. La diminution relative (-3 %) de la production d’oeufs de l’Union européenne en 2009 est surtout liée à l’effondrement (-17 %) de celle de l’Allemagne, qui a décidé de devancer le passage aux normes 2012. Cependant, certains discounters et supermarchés allemands vont plus loin. Ils ont d’ores et déjà décidé de ne plus vendre d’oeufs issus d’élevages en cages, même provenant des « Kleingruppenhaltung ». Ces cages aménagées, ou « minivolières », avec une densité de 800 et 900 cm2 par poule, devaient remplacer les cages standard et aménagées allemandes à partir du 1er janvier 2010.D’autres pays ont emboîté le pas de l’Allemagne. C’est le cas de la Belgique et de la Hollande, où les différents groupes de distribution ont également arrêté de vendre des oeufs en cage sous la pression des associations de protection animale.

DÉBOUCHÉ ASSURÉ

Une brèche dans laquelle s’est engouffré Jean-Marc Philippe, cogérant de la société CDPO, centre de conditionnement basé à Esternay, en Champagne, qui commercialise 500 millions d’oeufs par an en GMS. « Didier Carfantan est un de nos fournisseurs depuis plus de quinze ans. Nous avions une demande de poules au sol émanant des marchés belges, luxembourgeois et allemands. Nous lui avons assuré un débouché pour ses oeufs en volière. » L’investissement est 15 à 20 % supérieur aux systèmes traditionnels, mais la valorisation des oeufs est attrayante, « environ 40 % de plus qu’un oeuf en cage premier prix », selon Jean-Marc Philippe. Ce dernier reste toutefois prudent avant d’orienter un grand nombre de producteurs vers ce type de système car « le marché de la volière n’existe pas en France ».

 

Effectif français

Moins de 300 000 poules en volières

La mise en service des deux bâtiments de 60000 poules chez Didier Carfantan va porter à environ 180 000 le nombre de pondeuses en volière dans des bâtiments de la marque Vencomatic. Compte tenu du poids de ce constructeur sur le marché hexagonal, le nombre total de poules pondeuses en volière est vraisemblablement inférieur à 300 000 sur le territoire. Les poules arrivent à 16-17 semaines, soit quinze jours avant le début de la ponte, afin de les acclimater au mieux aux installations, « ce qui garantit une ponte au sol inférieure à 1%», selon André Chanony, de la société Mafrel. Des exigences d’élevage qui demandent une certaine dextérité, ce dont se réjouit Didier Carfantan pour qui « avec la poule en volière, on redevient un véritable éleveur ! »

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    bonjour,je suit agriculture, j'ai le brojet de acquérir des poules pondeuses pour renforcer mon activité. on ce moment je suis en période de prospection afin de detecter les meilleurs fournisseurs.vu cela, je veux bien consulter vos offres.merci de repondre sur mon email porté en haut.

    achour kourat - le 28 mai 2010 à 18:36:02

 
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