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Fabrice Jaulin double la taille de son élevage de poules pondeuses

En bâtissant 134 000 places de poules en cages sur un deuxième site et en changeant toutes celles du premier, Fabrice Jaulin aura en main un cheptel de 262 000 poules aux normes 2012.

08 août 2011 P. Le Douarin Vu 4911 fois
À 35 ans, Fabrice Jaulin détient un outil de production taillé pour répondre aux critères de durabilité : bien être des poules, confort de travail du personnel, réduction de l’empreinte carbone, impact environnemental réduit.

À 35 ans, Fabrice Jaulin détient un outil de production taillé pour répondre aux critères de durabilité : bien être des poules, confort de travail du personnel, réduction de l’empreinte carbone, impact environnemental réduit. - © P. Le Douarin

Retracer l’évolution d’un élevage de poules pondeuses n’est pas toujours aisé. Chez Fabrice Jaulin, l’exercice est relativement simple. Le site familial démarré en 1972 avec 5000 poules en cages de type californien est passé à 40000 en 1996. En 2001, un second poulailler est construit avec 80 000 places en cages Zucami aménageables et un séchoir à fientes Séconov. Sur l’exploitation depuis 1997 après son BTS, à 35 ans Fabrice Jaulin est aujourd’hui seul aux commandes de l’EARL « Dans le 7 n’oeufs ». Sa mère est encore présente comme salariée et son père comme « retraité actif » précise Fabrice. Le jeune producteur aurait dû mettre aux normes le premier poulailler. Au lieu de cela, il a choisi de doubler sa taille avec un deuxième site de 134000 places bâti à proximité du premier. Fabrice Jaulin avance plusieurs explications : « Je réponds à une demande de Noréa qui, depuis 2006, cherchait des volumes pour son client Pamproeuf. J’ai aussi raisonné en fonction du nombre de personnes présentes. Avec trois UTH, mes parents, la salariée Sabrina et moi-même, nous sommes trop pour un seul site. Avec le nouveau poulailler, j’ai pu embaucher Laurent comme adjoint. Nous serons quatre temps plein, ce qui va apporter une certaine dynamique et une souplesse de travail. »


CHOIX DU TOUT HELLMAN


Les deux élevages fonctionneront séparément, avec chacun sa salle d’emballage et deux personnes dédiées. L’éleveur a choisi la cage Hellman pour ses trois poulaillers.Une seule marque facilite le suivi d’élevage et la maintenance. Il a aussi voulu du préséchage par gaine, moins ac caparant que le séchoir. « Ce système sèche très bien, mais il faut être là tous les matins et surveiller les opérations pendant 2h30. » Fabrice a été séduit par la robustesse de la cage, l’accessibilité aux poules (24 dans une cage non traversante), son fond de nid sans tapis facile à souiller, son système « egg saver » de retenue des oeufs (moins de déclassés), des bandes à oeufs larges, la zone de grattage disposée audessus du nid, la distribution d’aliment par chaîne, les deux descentes d’aliment séparées (chaîne et distribution dans la zone de grattage) avec des trappes d’accès à chaque niveau. L’éleveur est soucieux du moindre détail. Au total, le premier site comprendra 128 000 places en cages Hellman d’ici à fin d’année (44000 sont déjà opérationnelles) et 134000 dans le poulailler neuf. Ce dernier comporte sept rangées sur huit étages, avec un accès par un plancher métallique intermédiaire.

 

MOINS DE 20 EUROS/PLACE


Dans le poulailler neuf, Fabrice Jaulin a opté pour une coque Sérupa de 132 mètres de long et 21 de large. Compte tenu de la grande longueur, la ventilation est transversale. L’air est admis par des volets insérés dans la partie haute de la coque et il est extrait par 40 turbines de 35 000 m3/h placées dans la partie basse. Le tout est piloté par un boîtier Avitouch. Côté sécurité, l’éleveur dispose de quatre rampes de brumisation Rapidex Tuffigo avec quatre pompes (1 400 litres/heure chacune), une réserve intérieure d’eau de boisson de 20 m3 (citerne polyester Rousseau), une réserve d’eau extérieure en cas d’incendie et un groupe électrogène. « J’ai voulu automatiser autant que possible pour consacrer du temps à des tâches valorisantes et payantes. » C’est ainsi que les quatre silos de 35 m3 du même fournisseur sont posés sur des jauges de contraintes pour le suivi des consommations. La salle d’emballage est équipée de matériel Staalkat (deux fois 36000 oeufs/heure) et d’un palettiseur Ovoconcept. Le confort du personnel n’a pas été oublié. Le vestiaire comprend une douche et une zone de repos très conviviale. L’investissement dans l’outil neuf est de 3 millions d’euros, ce qui revient à 22,70 euros/place, tout compris (études, bâtiment, aménagements des abords, hangar à fientes, magasin emballage-stockage). S’ajoutent 2 millions pour la mise aux normes du premier site. En moyenne, Fabrice Jaulin est arrivé à 19,10 euros par poule. Pour Régis Onillon, responsable oeufs chez Noréa, l’éleveur est dans les clous.Afin de dégager une rentabilité, sa recommandation est de ne pas franchir le plafond des 22 euros par poule logée.

 
Intérieur de la cage Hellman côté nid (à gauche) et côté aire d’exercice (à droite). L’aliment versé sur l’aire de grattage est consommé et non gaspillé ; le nid reste propre.

Intérieur de la cage Hellman côté nid (à gauche) et côté aire d’exercice (à droite). L’aliment versé sur l’aire de grattage est consommé et non gaspillé ; le nid reste propre. - © P. Le Douarin

Cage Hellman

95% de ponte au nid


Avec 44 000 poules en cage Hellman depuis janvier dernier, Fabrice Jaulin a déjà du recul. La cage sur demi-largeur de batterie provoque moins de mouvements de foule estime l’éleveur. Les poules se répartissent mieux. Les oeufs sont pondus à 95% dans les nids, ce qui oblige à programmer quatre avancements de la bande de collecte. Quant à la zone de grattage sur le nid, l’éleveur a constaté que l’aliment versé pour les inciter est consommé et non gaspillé, et que le nid reste propre. Le temps d’accès peut être programmé grâce à sa porte grillagée relevable. « Nous déclassons moins que dans des cages conventionnelles : 3,5 % en cages Hellman et 5,2% en cages Zucami pour des poules de 33 semaines. »

 

 

 
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