Le bâtiment du futur se dessine
Bâtiment de volailles chair en construction. L’orientation va vers des structures solides et pérennes avec des panneaux sandwich. - © P. Le Douarin
Quels bâtiments pour quels éleveurs demain en France ? » Pour alimenter la réflexion, l’Itavi a organisé une table ronde lors de la journée Volailles de chair, composée d’éleveurs, d’organisations de production, de concepteurs de bâtiments et d’équipementiers. Premier constat des invités, il n’y aura pas de révolution mais une évolution progressive des structures d’élevage pour concilier toutes les obligations réglementaires et maintenir un couple éleveur-bâtiment performant. Pour Jean-Yves Ménard, éleveur et président de Gastronome, « la construction de nouveaux poulaillers se fera principalement autour des outils industriels (abattoir et fabricant d’aliment) car la logistique prend une place prépondérante ». Pour Jean-Michel Choquet, éleveur morbihannais, les élevages vont s’agrandir avec des sites de 2 500 voire 3 000 m2. « L’avenir est à la spécialisation, confirme Dylan Chevalier, alors coordinateur technique bâtiment à LDC. Ce qui ne signifie pas d’arrêter la mixité des exploitations, au contraire. Multiplier les ateliers sur une exploitation permet de sécuriser le revenu. » Cela sous-entend de s’orienter vers des structures juridiques à plusieurs associés (type Gaec), dont une personne spécialisée dans l’élevage avicole.
BÂTIMENT POLYVALENT
La taille des poulaillers va également augmenter mais de façon modérée, sans aller vers des « cathédrales à l’allemande », plus grandes et plus hautes. « Nous constatons une reprise récente des constructions avec des surfaces plus importantes, de 1350 m2 jusqu’à 2 000 m2 », souligne Loïc Rio, directeur commercial de Sérupa. « Concernant la coque, poursuit Jean-Sébastien Tronc, de Terrena, l’orientation se fait vers des structures solides et pérennes », avec des panneaux sandwich revêtus, qui facilitent le nettoyage et la désinfection et permettent les adaptations de matériel (ajout d’échangeur de chaleur par exemple ou d’un système de traitement de l’air pour s’adapter à la réglementation sur les émissions d’ammoniac).Dylan Chevalier mise sur le développement des bâtiments polyvalents en poulet/dinde, qui permettent de sécuriser la production par rapport aux aléas du marché, tout en maintenant un noyau d’élevages spécialisés en dindes.
PEU ÉNERGIVORE
La recherche de solutions pour économiser les énergies va devenir prépondérante. « Cela passera par des poussinières spécialisées en dinde, des bâtiments à énergie positive, des pratiques de démarrage différentes (double densité) », cite Jean-Michel Choquet. Si le gaz reste l’énergie principale, d’autres combustibles trouvent leur place comme les plaquettes de bois. Pourquoi pas une chaudière à paille, rentable dans les grosses structures, avec un échange compostpaille avec des exploitations des régions céréalières ? Pour l’éclairage, les leds réduisent la consommation d’électricité. Les bâtiments clairs et obturables permettent d’intensifier la lumière et contribuent à améliorer l’image de la production.Au niveau sanitaire, Laurent Fumoleau, de C-Lines, évoque la tendance aux revêtements de sol avec du béton ou bien tout récemment avec de l’asphalte.
DE LA FORMATION EN CONTINU
« Les éleveurs sont avides de technicité et souhaitent des équipements avec des réglages simples, précis et conviviaux », continue Philippe Douvenant, de Sodalec. L’automatisation des systèmes de régulation va se renforcer pour améliorer les conditions et le temps de travail: pilotage de plus en plus précis du poids pour ne pas dépasser le seuil de densité lié à l’application de la directive bien-être, mise en ligne de la régulation de la ventilation… « La mesure du taux d’ammoniac pourra être un jour intégrée dans la régulation, même si les capteurs sont encore très chers », admet Philippe Douvenant. Le développement de bâtiments de plus en plus automatisés et techniques sous-entendra pour l’éleveur de se former en continu. « Les éleveurs sont friands d’informations techniques », a conclu Jean-Yves Ménard.
Vos réactions
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trouvez-vous normale qu un jeune aviculteur doit construire 3000m2 pour gagner le smig pendant 12a 15ans investissement 450000euros plus plan d epandage ou traitemement du fumier.un abattoir investi sur 3a5ans .camion neuf mise aux normes .traitement des boues ect...subventionne a la hauteur de 80% par l europe.a revoir l integration en avicuture!!!!prime a l export...ect.merci
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