Pour Alain Gouezin et Eric Aillet, le premier impératif est de ne pas abriter de mouches dans la salle de ponte - © P. Le Douarin
Mi-mai en Bretagne, dans les Côtes d’Armor. Les jours précédents ont été chauds et le temps tourne à l’orage. Pourtant, dans cet élevage de poules pondeuses en cage, aucune mouche n’est visible à l’intérieur du bâtiment, ni même sur les murs du hangar de stockage des fientes, tout proche. Aucun asticot non plus n’est visible dans les fientes en séchage. « Si nous n’avions rien fait, il est certain que nous aurions eu des mouches avec ce temps lourd », explique Alain Gouézin, éleveur à Planguenoual, associé avec son beau-frère Eric Aillet. Les deux éleveurs sont très sensibilisés à cette problématique. Élu communal, durant l’été dernier Alain Gouézin a été confronté à la gestion d’une invasion de mouches sur sa commune. À l’origine, un éleveur qui n’avait pas pu contrôler les mouches. Eric Aillet reconnaît qu’eux mêmes ont été confrontés à une situation similaire en janvier 2006. « À l’époque, nous employions encore la cyromazine,incorporée dans l’aliment, et malgré cela la situation a dérapé. Pour couper court au problème, il a fallu évacuer le tas de fientes. » Depuis, les deux associés veillent aux pupes. Ils ont commencé par modifier leur ventilation, afin d’augmenter le taux de matière sèche des fientes : prise d’air intérieure et doublement des débits.

La concentration du produit insecticide dilué dans l’eau ne doit pas dépassé la limite de solubilité, faute de quoi il peut précipiter au fond du bac de solution même avec un brassage. L'idéal est de préparer le mélange avant chaque traitement - © P. Le Douarin
TRAITEMENT DEUX FOIS PAR SEMAINE
Au début de cette année, ils ont demandé à leur partenaire d’aliment et de négoce des oeufs (la coopérative du Gouessant)de leur trouver une solution alternative. Elle leur a proposé de tester un système Ocène de pulvérisation automatisée pour épandre sur leurs fientes une substance larvicide contenant du triflumuron. L’équipement conçu par Ocène est simple.Un bac de solution insecticide brassée par alternance et une pompe doseuse électrique (débit jusqu’à 40 litres/heure)sont installés dans le poulailler. Cette dernière alimente une buse d’aspersion fixée au bout du convoyeur de fientes,au-dessus du point de chute vers le convoyeur du hangar. Deux fois par semaine, l’éleveur évacue environ trois tonnes de fientes (pour une capacité de 20 000 poules) issues des tapis de préséchage des batteries. Il faut environ un quart d’heure pour tout vider. Dix litres environ de mélange contenant 280 g de larvicide Baycidal sont pulvérisés. Le coût mensuel du traitement au triflumuron est de 110 euros pour 20 000 poules, sachant qu’il va fonctionner sept à huit mois par an. Alain Gouezin rappelle que la cyromazine incorporée dans l’aliment leur coûtait 380 € par mois. Bien sûr, il serait possible de traiter « manuellement », sans installation fixe.Mais quelle est la garantie de respecter toujours le dosage adéquat ? La réussite du traitement larvicide dépend en effet du juste dosage. Et quelle corvée en mode manuel ! Pour l’équipement, Ocène avance un coût d’installation entre 1 400 €(comme à Planguenoual) et 1800 €. Le seul inconvénient est le risque de dépôt du produit. Il se déposerait s’il n’était pas brassé très régulièrement. En cas d’injection d’un mélange hétérogène, la buse pourrait se boucher. « C’est déjà arrivé », concède Eric Aillet, lors de la période de mise au point car la concentration était trop élevée. « Les silicates contenus dans la spécialité évitent la prise en masse, mais pas le dépôt, précise Gilbert Inizan, de Bayer. Il vaut mieux préparer le mélange avant chaque pulvérisation et respecter la limite de solubilité, qui est de 20 grammes par litre.

La buse placée au dessus de l'extrémité du tapis de sortie des fientes doit être bien protégée du vent. - © P. Le Douarin
ESSAIS OCÈNE
Un peu tôt pour conclure
Sollicitée plutôt tardivement par la profession,l’entreprise Ocène a mis en place trois essais au printemps de cette année. Il est encore trop tôt pour préconiser quelle est la meilleure association entre le produit larvicide et les réglages du matériel. De son côté, le laboratoire Bayer fait effectuer des essais en élevage dont les résultats seront divulgués cet été.
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