La FIA propose un "Grenelle de la volaille"
L’étude AND montre que par rapport à ses voisins compétiteurs, la France est compétitive sur le coût du vif mais elle est mal placée sur les coûts aval. - © P. Le Douarin
Les études sur la situation de la filière avicole se sont multipliées ces derniers mois. Qu’il s’agisse du rapport Rouault, de celui du Conseil général de l’alimentation (CGAAER) ou de la récente enquête réalisée par le bureau d’études AND et commanditée par FranceAgriMer, toutes vont dans le même sens. La filière française est en perte de vitesse et accuse une baisse de compétitivité par rapport à ses concurrents européens.Aujourd’hui tous les regards se portent sur l’Allemagne, dont la production avicole a progressé de 40 % au cours des dix dernières années, tandis que celle de la France a chuté de 20 %. « La France reste compétitive sur le coût du vif, mais est mal placée sur les coûts aval », explique Christian Renault, directeur de l’AND. « Aujourd’hui 4 kg de poulets consommés sur 10 sont importés. » À l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération des industries avicoles (FIA), il a présenté les résultats de l’étude dont l’objectif était de déterminer les écarts de compétitivité entre les principaux producteurs européens et de formuler des recommandations à mettre en oeuvre(1). Parmi elles, il cite l’harmonisation des interprétations réglementaires au sein de l’UE, la mise en place d’un plan de rénovation des bâtiments, la réduction des gammes de produits et une certification uniforme, une concertation sur la question de la main-d’oeuvre… « La France conserve de réels atouts avec un savoir-faire et des outils performants mais elle doit définir un projet associant tous les stades des filières et de la grande distribution, basé sur un consensus environnemental et accepté par la société. » Pour Pierre Fouillade, de la CGAAER, parvenir à baisser les coûts de production de 20 % ne paraît pas impossible, « à condition qu’il y ait une volonté collective des opérateurs et l’aide de l’administration pour faire émerger les idées. De nouvelles collaborations et dialogues sont à tisser. » Dialogue auquel Paul Mennecier, chef du service de l’alimentation (DGAL), s’est dit ouvert.
UN BENCHMARKING (2) AU SEIN DE LA FILIÈRE
Après la phase de constat, voilà le temps du sursaut ou du déclin. « Même si nous sommes en perte de vitesse, nous sommes toujours leader européen. Le fait de se poser des questions est déjà un signe de réaction », relève Gilles Huttepain, président de la FIA. « Il est temps de nous concerter, toutes productions confondues, classiques et Label, pour ouvrir le grand chantier de la compétitivité. » Cela se concrétiserait par la mise en place d’un comité de travail sur des thèmes bien définis. Les professionnels présents lors de l’assemblée générale l’ont rappelé: cette concertation n’aura de sens que si la grande distribution est également présente à la table des discussions. Ils demandent également le soutien de l’administration pour veiller à l’harmonisation des interprétations des règlements communautaires (directive salmonelles par exemple) et réduire les distorsions de concurrences (coûts de maind’oeuvre).
(1) Voir Réussir Aviculture n° 167 page 8. (2) Terme anglais à la mode qui désigne une technique consistant à se comparer aux autres pour en retirer le meilleur.
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