L'Allier AgricoleVaches allaitantesLa charolaise, reine incontestée en son royaume
Avec environ 180 000 représentantes dans le département de l’Allier, la charolaise conserve largement sa position de leader. Même si dans le reste du peloton, la situation semble évoluer.
Depuis le début des années 2000, éleveurs et néophytes se persuadent d’une idée : la charolaise perd du terrain en son fief peu à peu rattrapée par la limousine.
« C’est le discours ambiant depuis une dizaine d’année, alors on a voulu vérifier », commente Franck Doriat, animateur de la Commission génétique départementale allaitante créée en 1992. Depuis 2003, il recense les individus des races allaitantes présentes dans le département. État des lieux, chiffres à l’appui.
- Les charolaises : sur la campagne de naissance 2011, sur 200 000 vaches allaitantes ayant vêlé, 180 000 sont des charolaises. « Ce chiffre est stable depuis 2003, on a connu de légères fluctuations, mais rien d’important », constate Franck Doriat . Pas de baisse donc mais des suppositions, « ces chiffres évolueront peut-être sur la campagne 2012, mais on ne peut être sûr de rien. On constate un tassement du cheptel, qui devrait se vérifier. Il est lié à la sécheresse mais également à la démographie des éleveurs.» Impossible néanmoins de vérifier ces suppositions avant la fin de la prochaine campagne de vêlage.
- Les limousines : le nombre de représentantes de la race de Haute-Vienne a triplé en huit ans passant d’un peu plus de 4 000 à presque 12000 vaches ayant vêlé. « Il y a vingt ans, les éleveurs de limousines étaient originaires du Limousin. En déménageant, ils avaient emmené leurs vaches. C’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. » À présent, la tendance est la conversion en race pure ou aux installations qui se font directement en limousine, puisqu’elle a la réputation d’être plus simple.
- Les croisés : la proportion n’évolue guère depuis 2003, toujours autour de 6 000 éléments, sans constater de tendances à la hausse. Pour Franck Doriat, ce constat est plutôt rassurant, « les éleveurs ont tout intérêt à travailler en race pure pour pouvoir progresser en génétique. Sans quoi, elle n’évolue pas ou moins vite. »
- Les salers : la race à la robe rouge bordeaux tend à augmenter légèrement dans le département, surtout depuis la campagne de naissance 2008, passant d’environ 3 700 à presque 5 000 représentantes. Contre un peu plus de 3 000 en 2003. Cet accroissement tout mesuré s’explique assez facilement selon Franck Doriat : « De plus en plus d’éleveurs optent pour le double troupeau afin d’augmenter leur cheptel. Cette technique permet de travailler sur des périodes de vêlage décalées, d’augmenter le nombre de vêlage sans pour autant recourir à plus de main d’œuvre. »
- L’Aubrac : la race au pelage froment comptait à peine 1 000 éléments, elle en compte un peu plus de 2 000 aujourd’hui « Il y a deux explications à cette augmentation minime. D’abord des déménagements, des réinstallations d’éleveurs originaires de la région qui viennent dans l’Allier. Mais également des installation en double troupeau.»
- La Blonde d’Aquitaine : depuis le début de l’étude, la courbe n’évolue que très lentement, toujours autour de 1 000 éléments « il s’agit vraiment de bêtes dispersée ici et là dans les troupeaux. »
Le bilan de Franck Doriat est objectif : « Les courbes ne se croisent pas, il y a des évolutions, mais pas de révolution. Chaque race a ses atouts, il n’y a pas de bonne races, il n’y a que des bons éleveurs. » Et d’insister, « pas question pour nous de prendre position, nous constatons, c’est tout. Nous sommes là pour que les gens puissent sélectionner sur des critères objectifs et progresser en génétique. »
Pour aller de l’avant sur le plan génétique (*), le Programme vêlage facile Allier planche sur les facilités de naissance en charolais. De ces études, ressort un chiffre : 9, 2 % de césarienne sur génisse, contre 10, 5 % sans sélection. « Ce résultat est comparable à un croisement taureau limousin et vache charolaise. Ce qui prouve qu’il existe des solutions en race pure, c’est une question de choix au niveau génétique.»
(*) L’Allier se positionne bien sur le terrain de la génétique, en effet le taux d’utilisation de la génétique certifiée s’élève à 70 %, contre environ 60 % au niveau national. Le département peut compter sur un maillage important d’éleveurs-sélectionneurs, environ 300 sont enregistrés dans la base de sélection.
En chiffres.
➤ Vaches :
217 339 au 15 janvier 2012 contre 224 373
au 15 janvier 2011
➤ Charolaises :
178 929 contre
186 617
➤ Limousines :
12 676 contre
12335
➤ Prim’holstein
6 780 contre 7 101
➤ Salers
5050 contre 4686
➤ Aubrac
2880 contre 2296
➤ Croisées
5579 contre 6790
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